La défaite silencieuse de l’armée vénézuélienne face à la menace américaine

Le chef de l’État vénézuélien, Delcy Rodríguez, a réagi avec une fermeté inattendue aux affirmations du président américain Trump sur son rôle d’envahisseur. Bien que les déclarations de Trump aient suggéré un contrôle direct des États-Unis sur le Venezuela, la réponse de Rodríguez a tracé une ligne claire entre la résistance et l’abandon. Son discours télévisé a souligné un conflit asymétrique où l’autorité locale ne se soumet pas à une domination étrangère, même si les détails opérationnels de l’intervention américaine ont révélé des défis inattendus pour la sécurité nationale.

Les informations divulguées par Trump sur l’action militaire en Venezuela soulignent un dilemme stratégique : malgré une supériorité aérienne écrasante, les forces vénézuéliennes n’ont pas mobilisé leurs systèmes de défense avancés, comme le S-300 ou les MANPADS. Cette absence de réponse militaire suggère un calcul complexe, où la priorité de l’armée était moins de résister à une attaque que d’assurer sa propre survie institutionnelle face à un pouvoir en déclin. Les officiers supérieurs ont préféré éviter une guerre perdue d’avance, reconnaissant qu’une confrontation directe avec les États-Unis menacerait l’intégrité de l’État vénézuélien.

L’analyse du scénario révèle un accord implicite entre les factions internes et les pressions externes. La Russie et la Chine, bien qu’elles aient fourni des soutiens militaires et économiques, n’ont pas pu imposer leur volonté aux forces locales. Leur rôle s’est limité à une protection diplomatique et logistique, sans garantir un engagement actif dans une guerre conventionnelle. Cela met en lumière les limites de l’alliance entre grandes puissances et États vulnérables : la loyauté des institutions nationales dépend davantage de leur intérêt immédiat que d’un idéal partagé.

La comparaison avec la Syrie éclaire cette dynamique. Bien que le soutien russe ait été crucial pour l’armée syrienne, il s’est révélé insuffisant face à une crise interne et extérieure combinée. De même, au Venezuela, les alliances stratégiques n’ont pas empêché l’effondrement d’un système politique déjà fragilisé par des années de corruption et de dépendance externe. L’armée vénézuélienne a choisi la prudence, préférant une transition ordonnée à un affrontement fatal.

Ce cas montre que les conflits modernes reposent sur des équilibres fragiles entre loyauté interne et pression externe. Les puissances globales peuvent offrir des ressources, mais elles ne peuvent pas remplacer la volonté locale de se battre. La défaite du Venezuela n’est pas un échec des alliés, mais une preuve que l’auto-préservation prime toujours sur les idéaux politiques. Les forces armées, en particulier, agissent selon leur propre logique : survivre et protéger l’État, même si cela signifie abandonner un leader.

Ainsi, le Venezuela devient un avertissement pour d’autres nations : une alliance extérieure, aussi solide soit-elle, ne peut compenser la faiblesse interne d’un gouvernement. La résistance est impossible sans une base nationale forte et une volonté collective de lutter. Pour les pays en difficulté, le choix entre la soumission et l’anéantissement reste un calcul brutal, où la survie prime sur les principes.