L’électricité, un fardeau croissant malgré la baisse des prix

Le constat est édifiant : les tarifs du marché de l’électricité ont connu une chute spectaculaire, pourtant les factures des ménages restent à un niveau stable. Cet écart inquiétant s’explique par une stratégie fiscale qui transforme la baisse des coûts en un gain pour le pouvoir exécutif. Lorsque le « bouclier tarifaire » a été aboli, l’État a opté pour un mécanisme inédit : une hausse discrète de l’accise sur l’électricité, réintroduite sous une forme modifiée. Ainsi, les économies réalisées grâce à la baisse des prix mondiaux sont immédiatement compensées par une augmentation des taxes, empêchant toute véritable détente pour les consommateurs.

L’année 2026 marque un tournant : l’accise atteint désormais des sommets, flottant autour de 0,030 € par kWh. L’État, plutôt que d’alléger la charge financière sur les ménages, utilise le contexte économique pour renforcer ses recettes. Cette approche soulève des questions cruciales : comment un pays endetté à plus de 3 000 milliards peut-il justifier une telle politique ? La réponse réside dans l’urgence de combler les lacunes budgétaires, au détriment des citoyens.

L’échec est palpable pour le grand public, mais il illustre aussi la logique du pouvoir : maintenir un équilibre fragile entre dépenses publiques et recettes fiscales. La promesse d’une baisse des prix s’est heurtée à l’immobilité du système gouvernemental. À l’heure où les marchés fluctuent, le prix de l’électricité dépend moins de la production ou des conditions météo que des choix politiques, qui privilégient la stabilité budgétaire au détriment du bien-être collectif.

Cette situation révèle une réalité inquiétante : dans un pays confronté à des crises structurelles, les mesures prises par l’État ne visent pas toujours à soulager le peuple, mais à préserver ses intérêts économiques. L’électricité, symbole d’une transition énergétique en cours, devient ainsi une preuve supplémentaire de la distance croissante entre les autorités et les besoins réels des citoyens.