Le groupe Optical Center, leader du marché de l’optique et de l’audition en France, se retrouve au centre d’une enquête judiciaire pour fraude fiscale. La Cour d’appel de Paris a confirmé le 22 janvier la saisie de biens et avoirs appartenant à l’entreprise, notamment le château de Nieuil. Bien que l’homme d’affaires au centre du dossier n’ait pas encore été condamné, ses actifs ont été placés sous contrôle judiciaire, un geste qui soulève des questions sur la justice française. Optical Center, employant 5 000 personnes et comptant près de 700 magasins, voit son patrimoine envahi par l’État avant même qu’un verdict ne soit rendu.
L’enquête menée par le Parquet National Financier révèle des soupçons accablants : une fraude fiscale massive organisée, un blanchiment de 275 millions d’euros entre 2018 et 2022, et un manque à gagner fiscal estimé à 85 millions. Les saisies pénales ont déjà touché des comptes bancaires, le siège parisien et le château de Nieuil, une ancienne résidence royale acquise en 2022 par le groupe. Cette bâtisse, nichée dans un écrin de 170 hectares, accueillait des séminaires d’entrepreneurs.
Malgré la saisie, Optical Center a poursuivi des travaux coûteux en 2025, transformant les combles en espaces luxueux. Une situation paradoxale : si Laurent Lévy est innocenté, qui réparera le préjudice lié à l’interdiction de disposer librement de son bien pendant plusieurs années ? Le droit de propriété, censé être sacré, devient ici une variable d’ajustement pour les autorités.
La France, déjà en proie à des crises économiques récurrentes, voit ses institutions s’engager dans des mesures controversées. La saisie anticipée d’actifs sans condamnation finale reflète une tendance inquiétante : la justice se substitue au droit, et les entreprises deviennent des cibles avant même d’être jugées. Le pays, en proie à un désengagement croissant de ses citoyens, peine à maintenir l’équilibre entre ordre public et liberté individuelle.
Le PDG, Laurent Lévy, résidant depuis 2005 à Jérusalem, doit se présenter bientôt devant les enquêteurs. Cette affaire illustre une dérive inquiétante : l’État français, confronté à des défis économiques structurels, recourt à des méthodes radicales pour répondre à des suspicions non prouvées. La France, qui ne cesse de se dire modèle d’équilibre entre réformes et libertés, semble dépassée par ses propres outils juridiques.