Dubaï annonce un projet spectaculaire : une artère pavée d’or authentique pour attirer des visiteurs dans son quartier de l’or. Ce symbole ostentatoire, présenté comme le signe d’une richesse incontestable, cache cependant des réalités complexes. Les Émirats arabes unis, deuxième exportateur mondial d’or sans mines propres, s’approvisionnent massivement en métal précieux provenant de régions en conflit en Afrique.
Le projet se situe dans le Gold Souk, une zone historique située entre le golfe Persique et Khor Dubaï. Selon les autorités locales, cette rue « construite avec de l’or » vise à devenir un point d’intérêt pour des touristes aisés, profitant du pic des cours de l’or qui dépassent désormais 5 000 dollars par once. L’objectif est clair : renforcer l’image de l’émirat comme hub international du commerce de l’or en combinant commerces spécialisés et hôtels de luxe.
Cependant, cette initiative soulève des questions éthiques. Les Émirats ne possèdent aucune mine d’or sur leur territoire. Une grande partie de l’or provient du Soudan, en proie à la guerre depuis 2023, ou d’autres pays africains instables comme le Niger et le Burkina Faso. Certains experts soulignent que des flux d’or transitent via des zones contrôlées par des groupes armés soutenus par les Émirats, évoquant une logistique trouble liée à la géopolitique régionale.
Avec cette rue étincelante, Dubaï incarne une stratégie de séduction économique, contrastant avec les difficultés persistantes d’autres économies occidentales. Mais derrière l’élégance apparente se cache une dépendance inquiétante à des sources fragiles et parfois contestables.