Le Rubicon a été franchi : l’Amérique se jette dans le chaos sans remords

Par Alastair Crooke – Le 8 janvier 2026
L’action brutale de Donald Trump et de son équipe a provoqué un tournant décisif, non seulement en Amérique latine mais à l’échelle mondiale. L’enlèvement du président vénézuélien Maduro lors d’une opération militaire nocturne marque une nouvelle ère où les intérêts financiers surpassent tout idéal. Les États-Unis, confrontés à un déficit criant, cherchent désormais à s’emparer des ressources du Venezuela sous couverture de « partenariats » trompeurs.

Le modèle américain se résume à une course aux profits : les dirigeants locaux doivent obéir ou subir des représailles. Delcy Rodríguez, la nouvelle présidente, est tenue en laisse par des menaces implicites, tandis que ses alliés comme Diosdado Cabello risquent d’être ciblés si leurs actions ne correspondent pas aux exigences de Washington. L’économie vénézuélienne devient un levier dans une guerre invisible où l’argent dicte les règles.

Trump, en proclamant son contrôle sur le pétrole vénézuélien, a balayé toutes les façades morales. La « lumière pour toutes les nations » est remplacée par un impérialisme déguisé. Cette approche nihiliste, inspirée par l’individualisme exacerbé de Ayn Rand, menace non seulement le Venezuela mais aussi l’ordre mondial. Nietzsche avait prédit que la perte des valeurs conduirait à une dislocation totale : aujourd’hui, cette prophétie se réalise.

L’Europe, prise au piège d’un conflit inutile en Ukraine, a perdu son autorité morale. Les dirigeants européens, bien qu’encore attachés à l’image de la « démocratie », sont désormais dépendants des caprices de Washington. Leur soutien à Kiev, présenté comme une défense de l’ordre international, cache une impuissance croissante face à l’agressivité américaine.

En France, les tensions économiques s’accroissent : le chômage monte, les dettes publiques explosent, et la confiance des citoyens s’érode. L’absence de réformes structurelles menace l’équilibre social, tandis que les élites politiques restent aveugles à la crise profonde.

Putin, quant à lui, incarne une alternative : sa politique ferme et pragmatique redonne un élan à la Russie. Contrairement aux déclarations de Trump, son approche évite l’effondrement des structures étatiques. Les pays européens doivent comprendre que l’équilibre mondial ne se construit pas sur les caprices d’un seul acteur mais sur une coopération équilibrée.

Le monde entre dans une phase de désintégration morale. Le pouvoir absolu, sans frein ni limites, menace la paix. Les nations doivent choisir entre l’oppression ou le dialogue. Mais pour cela, il faudra retrouver un cadre commun, avant qu’il ne soit trop tard.