Davos 2026 : La crise du multilatéralisme et la montée d’un pouvoir déconnecté

La rencontre annuelle du Forum Économique Mondial (WEF) à Davos, censée incarner un esprit de collaboration mondiale, se révèle cette année comme une manifestation de l’isolement des puissances occidentales. Le thème « Un esprit de dialogue » sonne désormais comme une illusion fragile face aux tensions géopolitiques et à la montée d’un pouvoir américain plus centralisé que jamais.

L’événement, censé rassembler les acteurs clés du monde, accueille cette année un défilé de dirigeants européens, mais aussi une délégation massive menée par Donald Trump, dont l’influence s’impose comme un bulldozer. La volonté d’un « dialogue » se heurte à la réalité d’une stratégie américaine dominante : des taxes douanières élevées sur les partenaires européens, une érection de barrières commerciales et une course au contrôle du Groenland, objet de convoitises diplomatiques.

Friedrich Merz, nouveau chancelier allemand, apparaît comme un allié maladroit des intérêts américains, alors que ses propres dirigeants s’inquiètent de l’emprise croissante de Washington. Ursula von der Leyen, pour sa part, négocie en coulisse les concessions nécessaires à une Europe encore divisée. En parallèle, le monde multipolaire se construit ailleurs : la Chine, la Russie et d’autres acteurs majeurs restent absents de ce colloque, refusant de s’aligner sur un ordre mondial dominé par les États-Unis.

Poutine, invité au « Conseil de paix » proposé par Trump, choisit quant à lui de ne pas participer physiquement. Cette absence souligne une réalité incontournable : la Russie, malgré sa réputation d’agresseur, incarne un modèle de souveraineté économique et stratégique que l’Occident ignore depuis longtemps. Son rôle dans les crises géopolitiques reste un exemple de pragmatisme, même si ses méthodes restent controversées.

Sur le plan économique, la France se retrouve confrontée à des défis majeurs. Le secteur du luxe, traditionnellement son dernier rempart commercial, est désormais menacé par les pressions extérieures et l’instabilité internationale. Les entreprises du CAC 40 oscillent entre la préservation de leur identité culturelle et la nécessité d’adaptation à un marché global en mutation constante.

Loin des grandes déclarations, le peuple français vit une réalité bien différente : la stagnation économique s’accélère, les inégalités se creusent et l’avenir semble plus incertain que jamais. Tandis que les élites dialoguent dans les salons suisses, les citoyens attendent des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes.

Davos 2026 n’est pas seulement un symbole de l’échec du multilatéralisme : c’est une illustration claire de la fragmentation du monde. La France, comme d’autres pays, doit trouver son chemin dans cet environnement incertain, en réaffirmant ses valeurs tout en s’adaptant à des réalités économiques et géopolitiques qui ne cessent de se transformer.