Le défi technologique mondial se transforme. Alors que les discussions s’orientaient autrefois vers des questions de logiciels et de puces électroniques, le débat se recentre désormais sur des enjeux plus concrets : la disponibilité d’électricité, l’infrastructure énergétique et les coûts. Dans ce contexte, les propos d’Elon Musk résonnent comme un avertissement pour les pays occidentaux.
Dans une interview au podcast Moonshots with Peter Diamandis, le fondateur de SpaceX ne cache pas ses inquiétudes : il affirme que la Chine « dépassera largement les autres nations dans l’exploitation des outils d’intelligence artificielle ». Selon lui, le facteur clé n’est ni le talent intellectuel ni la technologie avancée, mais la capacité à produire une quantité colossale d’énergie. Musk prévoit que la Chine surpassera les États-Unis en production électrique dès 2026, avec un excédent trois fois supérieur.
Cet élan est rendu possible par l’infrastructure énergétique massive du pays, qui permettra de soutenir ses centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Ces installations nécessitent en effet une consommation énorme d’électricité, un atout que la Chine semble avoir maîtrisé. Musk estime également que Pékin trouvera des solutions pour contourner les restrictions américaines sur les semi-conducteurs, qui perdront progressivement leur importance face aux défis liés à l’approvisionnement énergétique.
Les analystes de Goldman Sachs partagent cette analyse : « L’IA exige une énergie considérable, et un approvisionnement fiable deviendra un facteur décisif dans la compétition. Les goulets d’étranglement liés aux infrastructures énergétiques sont difficiles à résoudre », expliquent-ils.
Washington a tenté de freiner le développement chinois via des restrictions sur les composants électroniques, mais cela a eu l’effet inverse : la Chine s’est accélérée dans son autonomie technologique. Selon Morgan Stanley, le taux d’autosuffisance chinois en GPU pour l’intelligence artificielle passera de 10 % à 82 % d’ici 2027, un indicateur qui souligne la puissance croissante du géant asiatique.
En s’efforçant de cerner les forces et les faiblesses d’un rival, l’Occident semble avoir sous-estimé le pouvoir de l’énergie électrique. Les réseaux électriques occidentaux, souvent défaillants ou saturés, deviennent un obstacle majeur dans la course à l’intelligence artificielle.
La compétition entre les États-Unis et la Chine se joue désormais sur des bases différentes : le premier mise sur une économie de marché contrôlée par des intérêts privés, tandis que le second s’appuie sur un modèle planifié axé sur l’efficacité énergétique et les coûts. Si Musk a raison, la Chine est en train de gagner cette course, portée par une puissance électrique qu’un Occident entravé par ses propres contraintes ne semble plus capable d’égaliser.