La France face à l’IA : Entre audace et frilosité

Depuis des décennies, la France a développé un écosystème dédié aux entreprises technologiques, mais ce dispositif reste souvent méconnu ou mal utilisé. Deux outils clés, le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) et le Crédit d’Impôt Innovation (CII), accompagnent les startups et PME dans leurs phases de création, tandis que l’IP Box vise à soutenir les revenus issus des innovations. Ces mécanismes, bien que conçus pour stimuler l’économie, ne sont pas toujours exploités pleinement, laissant des opportunités inutilisées.

Les éditeurs de logiciels, souvent structurés en petites équipes hyper-spécialisées, bénéficient particulièrement du CIR et du CII, qui financent leur phase critique de développement. Ces mesures ont permis de préserver des emplois techniques dans un pays où la délocalisation est une menace constante. L’intelligence artificielle renforce ce modèle en réduisant les coûts administratifs et en augmentant l’efficacité des équipes, transformant ces aides fiscales en leviers de croissance plutôt qu’en simple soutien financier.

L’IP Box, quant à lui, reste mal compris. Son objectif est d’inciter les entreprises à maintenir leur R&D sur le territoire français, offrant un taux d’imposition réduit pour les revenus liés aux brevets ou algorithmes. Cependant, son application reste limitée, empêchant une exploitation optimale de ce potentiel.

En parallèle, la France traverse des crises économiques profondes : inflation persistante, stagnation des salaires et dépendance accrue à l’égard des marchés internationaux. Les entreprises, surtout les petites structures, sont confrontées à un dilemme : investir dans l’innovation ou se satisfaire d’un statu quo précaire.

L’émergence de la IA soulève des questions cruciales sur le rôle de l’État et son incapacité à moderniser ses politiques industrielles. Alors que les entreprises cherchent à survivre, la réforme du système fiscal reste un défi majeur pour relancer une économie en crise.