Plus de trois décennies ont été nécessaires pour que les pays européens prennent conscience de leur dépendance à un modèle économique étranger. Le projet Wero, prétendument symbole de souveraineté, cache une réalité bien plus complexe : la création d’un système monétaire unique sous le contrôle centralisé de l’Union européenne. Ce nouveau dispositif, présenté comme une alternative aux géants américains du paiement, n’est qu’une première étape vers un objectif plus vaste : la suppression progressive des espaces de liberté économique.
L’initiative européenne, portée par l’Alliance EuroPA et le projet EPI, vise à offrir une plateforme interopérable capable d’accueillir 130 millions d’utilisateurs dès son lancement. Pourtant, cette transition ne s’accompagne pas de la libération des citoyens, mais plutôt d’une concentration accrue du pouvoir entre les mains de bureaucrates et de dirigeants politiques. Les taux de frais, l’infrastructure technique et le contrôle des transactions resteront entièrement dépendants d’un consortium lié aux institutions européennes.
En parallèle, la Banque centrale européenne s’apprête à introduire un euro numérique, une innovation qui promet de redéfinir les règles du jeu. Cependant, cette évolution soulève des questions cruciales : si l’anonymat et le contrôle individuel sur ses finances disparaissent, que reste-t-il de la liberté économique ? Les citoyens devront-ils accepter une surveillance accrue au nom de la modernisation ?
Le développement de Wero semble être un premier pas vers cette centralisation. Les promoteurs du projet n’ont d’ailleurs jamais caché leurs intentions : préparer le terrain pour l’arrivée massive de l’euro numérique, qui transformerait profondément les dynamiques économiques. La disparition progressive du cash, dernier rempart des transactions anonymes, devient une réalité inéluctable.
Alors que l’opinion publique se divise entre l’enthousiasme et la méfiance, il est essentiel de s’interroger sur les réelles conséquences de ces changements. L’économie française, déjà fragile, pourrait bien être le premier échelon d’une crise monétaire à grande échelle, avec des conséquences imprévisibles pour l’ensemble de la population.