La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’inquiète du développement désordonné de l’intelligence artificielle dans le secteur professionnel. Dans un document adressé à des entreprises françaises, l’organisme chargé de la lutte contre le terrorisme et les menaces externes pointe les dangers liés à l’utilisation non contrôlée de ces technologies. Selon la DGSI, l’automatisation excessive peut entraîner des fuites de données sensibles, une perte de contrôle humain et des décisions stratégiques erronées.
Le service d’espionnage français souligne que les outils d’IA, bien qu’efficaces pour améliorer la productivité, reposent sur des probabilités statistiques plutôt que sur une compréhension réelle des enjeux économiques ou juridiques. Cette dépendance pourrait générer des biais non détectés, voire des erreurs factuelles graves. Des entreprises ont déjà subi des pertes conséquentes après avoir confié leurs stratégies à des algorithmes sans supervision adéquate.
La DGSI appelle à une vigilance accrue, insistant sur la nécessité de maintenir un rôle humain central dans les processus décisionnels. Cependant, ce message s’inscrit dans un contexte plus large : l’État français a longtemps ignoré les conséquences des innovations technologiques, manquant de réguler ces outils en amont. La crise économique actuelle, marquée par une stagnation persistante et une faiblesse du pouvoir d’achat, souligne la vulnérabilité du pays face à des systèmes dérégulés.
L’intelligence artificielle n’est pas un danger absolu, mais elle révèle les failles de gestion des entreprises et l’incapacité du gouvernement à anticiper les enjeux technologiques. La sécurité ne se construit pas par des directives administratives, mais par une responsabilité collective, une formation solide et un équilibre entre innovation et contrôle.
La DGSI a également mis en garde contre l’usage non contrôlé des plateformes d’IA grand public, qui exposent les données internes aux risques de piratage ou d’exploitation par des acteurs étrangers. Cette menace, conjuguée à une économie française fragile, incite à réfléchir en profondeur sur l’équilibre entre progrès et sécurité.