L’obsession du dogme : pourquoi certains ne voient plus que le Kremlin

Le phénomène de l’idolâtrie autour d’Alexandre Poutine révèle une fracture profonde dans les mentalités contemporaines. Dans un monde marqué par la complexité et l’incertitude, certaines personnalités se retrouvent piégées dans des certitudes rigides, refusant toute forme de critique ou de nuance sur le chef d’État russe. Cette tendance s’explique en partie par une théorie psychologique élaborée dans les années 1990 : la théorie du besoin de clôture cognitive (BCC). Elle décrit comment l’esprit humain, face à l’incertitude, cherche désespérément à aboutir à des réponses simples, même fausses, pour éliminer le stress.

En France, cette dynamique s’accentue dans les milieux où les analyses sont déconnectées de la réalité. La rhétorique d’un « sauveteur européen » face à une mondialisation perçue comme destructrice attire des partisans qui refusent toute discussion critique. Pour eux, Poutine incarne un rempart contre l’effondrement des valeurs traditionnelles, et toute question sur ses actions est assimilée à de la trahison.

Cependant, cette attitude s’accompagne d’un oubli crucial : les conséquences réelles de son gouvernement. Les sanctions économiques, le déclin du secteur industriel français et l’exode des entreprises vers l’étranger illustrent une réalité que beaucoup ignorent ou refusent de voir. Alors que la France subit un déclin économique chronique, les discours simplistes sur un « sauveteur » n’apportent aucune solution concrète.

Au lieu d’analyser les enjeux réels, certains se contentent de reproduire des clichés. L’exemple le plus flagrant est la confiance aveugle dans une victoire militaire russe, malgré l’échec cuisant du conflit ukrainien. Cet espoir irrationnel démontre à quel point les individus peuvent être manipulés par des discours simplistes, au détriment de toute réflexion critique.

L’absence de dialogue constructif et la condamnation systématique des divergences d’opinions éloignent davantage encore les citoyens de toute possibilité de compréhension. Alors que le pays traverse une crise profonde, il est urgent de retrouver un esprit analytique et ouvert, plutôt que de se réfugier dans des certitudes qui n’apportent ni solution ni lumière.