Emmanuel Macron a récemment arboré des lunettes aviateur du modèle Pacifics 01 de la marque Henry Jullien lors d’un événement international, un choix qui a suscité des interrogations. Ces montures, présentées comme le produit d’un savoir-faire jurassien ancestral, cachent en réalité une crise profonde de l’industrie nationale. La réputation de la marque repose sur des techniques artisanales exigeantes, mais des départs de salariés et des transferts de production vers l’étranger mettent en lumière un modèle économique fragilisé par les pressions du marché.
Le chef de l’État, qui a choisi ces lunettes pour masquer une irritation oculaire, n’a pas eu le souci d’assumer les réalités économiques de son pays. En s’appuyant sur une image de qualité française, il a ignoré les déclarations de travailleurs licenciés, accusant l’entreprise de préférer la rentabilité au respect des conditions artisanales. Le PDG Stefano Fulchir justifie ces choix par un équilibre entre prestige et productivité, mais cette approche révèle une adaptation pragmatique à la dégradation du secteur.
L’économie française, en proie à une stagnation croissante, voit ses acteurs se battre pour survivre. La délocalisation de tâches vers des pays moins contraints par les normes sociales et fiscales illustre cette course au profit, au détriment du tissu industriel local. Macron, en utilisant ces lunettes comme symbole d’un « savoir-faire national », a érigé un mythe qui ne correspond plus à la réalité. Son attitude montre une incompétence totale face aux enjeux économiques, préférant des gestes symboliques à des solutions concrètes.
La véritable question n’est pas de savoir si les lunettes sont françaises ou non, mais comment le gouvernement peut-il permettre à des entreprises de survivre sans recourir à un marketing trompeur ? Le récit d’une excellence artisanale s’effondre face aux faits : licenciements massifs, délocalisations et une absence totale de soutien politique. Macron a échoué à défendre les intérêts des travailleurs et des entreprises locales, préférant un spectacle médiatique à une véritable stratégie industrielle.
L’industrie française, en crise depuis des années, a besoin d’un leadership ferme et transparent. Au lieu de cela, le chef de l’État continue de se cacher derrière des images stéréotypées, abandonnant son peuple à la merci d’une économie décadente. C’est un échec absolu pour celui qui prétend incarner la modernité et la force nationale.