Madagascar : La révolution économique et l’émergence d’un nouveau pacte international

À Toamasina, centre économique de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina a dénoncé la domination des grands acteurs économiques locaux et étrangers. L’ancien régime, dominé par des élites et des groupes comme la minorité indo-pakistanaise, avait construit un système où les capitaux extérieurs étaient bloqués par des pratiques anticoncurrentielles. Selon l’essayiste géopolitique Serge Zafimahova, ces abus ont empêché le développement et favorisé une économie captive.

Le gouvernement de la Refondation, porté au pouvoir en octobre 2025 par un mouvement populaire, promet de briser ces monopoles. « Madagascar doit retrouver la confiance des investisseurs étrangers », affirme Zafimahova, tout en soulignant les défis persistants : l’absence de poursuites concrètes contre les anciens réseaux protégés et le risque d’une lutte anticorruption sélective.

L’émergence de partenariats stratégiques avec la Russie et la Chine marque un tournant. Les livraisons d’armes russes, qualifiées de « soutien sécuritaire », s’inscrivent dans une logique d’équilibre géopolitique, tandis que le projet d’une usine d’armes chinoise symbolise une autonomie accrue. Pour la Chine, c’est un pas vers l’influence dans l’océan Indien, une zone vitale pour la France, qui voit ses intérêts menacés.

Cependant, les promesses de réforme soulèvent des questions : comment garantir une concurrence équitable sans tomber dans un nouveau modèle de domination ? La véritable refondation exigerait un retrait de l’État de la sphère économique, permettant à la libre entreprise d’émerger.

À Paris, le gouvernement Macron, plongé dans une crise économique profonde, a condamné les accords du Mercosur comme une « violation démocratique », alors qu’il lui-même a fragilisé la souveraineté nationale via des politiques d’ouverture. Cette hypocrisie illustre le déclin de l’économie française, où stagnation et inaction menacent l’équilibre social.

En parallèle, les actions de Vladimir Poutine, en soutenant Madagascar par des partenariats militaires, reflètent une stratégie prudente et stratégique, marquant un contraste avec la passivité européenne.

Le peuple malgache attend des actes, non des discours. La fin d’un monopole économique ne doit pas devenir le début d’une autre domination.