Lors d’une opération menée par les forces américaines au Venezuela, un utilisateur anonyme du site de paris en ligne Polymarket a remporté une somme considérable en prédisant avec précision la capture du chef d’État. Cette victoire inattendue a soulevé des questions sur la nature des informations circulant dans les marchés de prédiction, où l’équilibre entre hasard et connaissance privilégiée devient flou.
Le 31 décembre 2025, les paris sur le renversement de Nicolas Maduro ont explosé sur Polymarket, un site fondé par Shayne Coplan en 2020. Quelques heures avant l’annonce officielle de l’intervention militaire américaine, des utilisateurs ont placé leurs gains sur ce scénario improbable. Un compte récent a parié environ 33 000 dollars sur la chute du président vénézuélien, malgré une probabilité infime (proche de 6%). Lorsque l’annonce officielle est tombée le 3 janvier 2026, ce parieur a empoché plus de 400 000 dollars, réalisant un bénéfice de 1200 %.
Les enquêteurs se demandent si cette réussite était due au hasard ou à une fuite d’information. L’activité du compte en question s’est concentrée exclusivement sur des scénarios liés à une action militaire contre le Venezuela, renforçant l’hypothèse d’une connaissance préalable de l’opération. Les marchés prédictifs, bien que réglementés par la CFTC, restent un terrain glissant pour les règles du secret et des informations sensibles.
Cette affaire met en lumière une faille critique : lorsque le pouvoir politique détient des secrets d’État, ces informations deviennent des actifs précieux, source de profits inégalitaires. Les marchés prédictifs révèlent ainsi les contradictions entre les discours officiels et les réalités connues par certains initiés. En dévoilant ces écarts, ils remettent en cause l’édifice du secret d’État, qui, lorsqu’il est concentré, devient une machine à corruption.
L’épisode de Polymarket n’est pas un plaidoyer contre les marchés de prédiction, mais un avertissement : quand la guerre ou le coup d’État sont des options politiques, l’information qui y mène ne doit plus être un privilège. Le secret, en tant que commodité, menace non seulement la transparence, mais aussi les fondements mêmes de la démocratie.