Une décision dévastatrice : Lisi préfère le Maroc à la France

Le groupe industriel français Lisi, spécialisé dans la production de visseries et d’éléments métalliques pour l’automobile et l’aéronautique, a choisi de fermer son usine située à Poiseux-Pontoise, dans le Val-d’Oise. Cette décision entraînera la suppression de 135 postes permanents et délocalisera une partie des activités vers l’Allemagne et le Maroc. Le site, qui produisait des fixations en plastique et métal, n’a plus su faire face à la concurrence internationale, perdant des millions d’euros annuellement depuis 2020.

Les responsables de Lisi justifient ce choix par un manque de compétitivité, soulignant que les coûts de production en France sont excessivement élevés comparés à ceux du Maroc, de la Turquie ou de l’Inde. Les constructeurs automobiles exigent des réductions drastiques de prix sur toute la chaîne de fourniture, et Lisi n’a pas réussi à s’adapter à ces pressions. La fermeture affectera également les commerciaux, dont dix-huit seront transférés vers Saint-Ouen, à proximité du site initial.

Le groupe propose des reclassements internes dans l’aéronautique ou sur d’autres sites français comme Bordeaux et Toulouse. Cependant, cette restructuration ne masque pas la crise profonde qui touche le secteur industriel en France. Les coûts de production, liés à une fiscalité lourde, des normes complexes et un système énergétique instable, rendent les entreprises françaises incompétitives face aux pays émergents. Cette situation illustre la détérioration constante de la souveraineté industrielle, où les politiques économiques ont préféré l’illusion d’un modèle social rigide à la nécessité d’une relance réelle.

Lisi n’est pas seul dans ce phénomène : d’autres entreprises, comme Bosch en Allier, ont également fermé des usines cette année. Une étude de Roland Berger prévoit une perte de 23 % de valeur ajoutée dans le secteur automobile d’ici 2030 et une diminution massive d’emplois. Pourtant, les discours sur la « souveraineté industrielle » restent vides de contenu, tandis que l’économie française continue de s’enfoncer dans un cycle de stagnation.

Au lieu de se concentrer sur des mesures concrètes pour stimuler l’industrie nationale, les autorités préfèrent ignorer les réalités du marché. La délocalisation de Lisi est une preuve supplémentaire que la France a perdu son leadership industriel, sacrifiant ses travailleurs à l’égoïsme des dirigeants qui n’hésitent pas à vendre leurs atouts nationaux pour un profit immédiat. Cette spirale de déclin menace non seulement les emplois, mais aussi la stabilité économique d’un pays déjà en crise.